vendredi 24 janvier 2014

jeudi 23 janvier 2014

Quel temps est-il ? Revue Vues sur la ville n 30, mai 2013


Quel temps est-il ?
Eloge du chrono-urbanisme
Revue Vues sur la ville n 30, mai 2013

Luc Gwiazdzinski
http://www.unil.ch/webdav/site/ouvdd/shared/VsV/vues_Sur__ville_No30_2013.pdf

"L'espace est la forme de ma puissance, le temps est la marque de mon impuissance." Jules Lagneau 

A la question banale du “temps qu’il fait” qui occupe une partie de nos conversations quotidiennes, nous pourrions susbstituer la complexité du questionne- ment sur le “temps qu’il est” dans nos vies et dans nos villes qui pourrait les enrichir. Au delà de l’anecdote, on peut constater que le temps est longtemps resté le parent pauvre des réflexions sur le fonctionnement, l’aménagement ou le développement des villes et des territoires au bénéfice des infrastructures. Chercheurs, pro- fessionnels et politiques ont souvent abordé la ville comme une entité amputée, fonctionnant seize heures sur vingt-quatre et cinq jours sur sept. On a longtemps aménagé l’espace pour gagner du temps mais on a plus rarement fait l’inverse. Pourtant, les systèmes urbains ne sont pas figés. Ils évo- luent selon des rythmes quotidiens, hebdomadaires, mensuels, saisonniers ou séculaires, mais aussi en fonction d’évènements et d’usages difficiles à articuler. Les horaires et les calendriers d’activités des hommes et des organisations donnent le tempo, règlent l’occupation de l’espace et dessinent les limites de nos territoires vécus, maîtrisés ou aliénés. Mais les temps changent. L’évolution rapide de nos modes de vie nous oblige à changer de regard et à adopter le temps comme autre clé de lecture et d’écriture de nos villes.


Mutations rapides. Les rythmes de nos vies et de nos cités se transforment sous l’effet de phénomènes concomitants : individualisation des comportements et abandon progressif des grands rythmes collectifs ; urbanisation généralisée ; tertiarisation ; diminution du temps de travail ; apparition d’un temps global, développement des TIC qui donnent l’illusion d’ubi- quité à des individus qui veulent souvent tout, tout de suite, partout et sans effort. Plus globalement, la dictature de l’urgence, l’hypertrophie du présent et la survalorisation du passé s’accompagnent d’une incapacité à penser le futur et à se projeter pour construire notre avenir. Notre société semble malade du temps. 

Nouveaux régimes. Ces mutations ont transformé notre rapport à l’espace et au temps et fait exploser les cadres spatio-temporels classiques de la quoti- dienneté et les limites des territoires et calendriers d’usage. Unifiés par l’information, les hommes n’ont jamais vécu des temporalités aussi disloquées. A une concomitance des espaces et des temps a succédé un éclatement, une disjonction conjuguée à une nouvelle temporalité. La flexibilité généralisée des temps sociaux alliée à la diversification des pra- tiques à l’intérieur de chaque temps social dessinent de nouvelles « cartes du temps », de nouveaux régimes temporels différenciés selon les situations sociales, les sexes, les générations et les territoires. 


Tensions. Confrontés à cette désynchronisation, nos emplois du temps craquent. Chacun jongle avec le temps entre sa vie professionnelle, familiale et sociale, son travail et ses obligations quotidiennes. Face à la responsabilisation accrue et aux difficultés d’arbitrage, « la fatigue d’être soi » guette les plus fragiles. A d’autres échelles, les conflits se multiplient entre les individus, les groupes et les quartiers de la « ville polychronique » qui ne vivent plus au même rythme. Plus grave, de nouvelles inégalités appa- raissent entre populations, organisations et territoires inégalement armés face à l’accélération et à la com- plexification des temps sociaux. 


Premiers arrangements. Confrontés à ces mutations les individus et les territoires s’organisent. Les politiques des temps de la ville nés en Italie dans les années 90 ont essaimé en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en France. Des outils d’observation et de négociation ont été élaborés, des expérimen- tations ont été lancées (horaires de services, trans- ports, crèches...) et l’approche irrigue peu à peu d’autres politiques publiques. Partout les calendriers de nos « saisons urbaines » se noircissent « d’évé- nements » qui permettent de « faire famille » ou « ter- ritoire » et de maintenir une illusion de lien social face à un quotidien éclaté. Quelques personnes craquent et décident de lâcher prise, d’autres plus nom- breuses optent pour les loisirs lents (marche, yoga, jardinage, brocante...), chercheurs et essayistes font l’éloge de la lenteur alors que des réseaux comme Slow Food et Cittaslow se développent. 


Nouvelles ambitions. Au-delà de ces premières adaptations individuelles ou collectives, il est indis- pensable de passer à une approche chronotopique de la ville où le « chronotope » est défini comme « lieu de confluence de la dimension spatiale et de la dimension temporelle ». Nous devons prendre en compte les rythmes dans l’observation et l’aménage- ment et construire une « rythmanalyse », dont Henry Lefebvre avaient bien mesuré les enjeux et convo- quer chorégraphes et musiciens à ces « danses de la ville ». Il est possible de concevoir un « urbanisme des temps » ou “chrono-urbanisme” défini comme « l’ensemble des plans, organisations des horaires, et actions cohérentes sur l’espace et le temps qui permettent l’organisation optimale des fonctions techniques, sociales et esthétiques de la ville pour une métropole plus humaine, accessible et hospita- lière ». Dans une logique de développement durable, nous devons également réfléchir à un « urbanisme temporaire » qui s’intéresse aux modes d’occupation partiels des espaces et temps de la ville et aux « calendriers » et permette de coordonner les activi- tés et d’assurer la polyvalence et la modularité des espaces autour de l’idée de « ville malléable », une cité durable que l'on pourrait façonner sans qu'elle se rompe. Ce nouvel urbanisme nécessite l’émer- gence de nouveaux professionnels, managers des temps, chargés de mettre en musique les rythmes de la ville et de trouver le bon tempo.
Obligation et opportunité. L’approche temporelle est essentielle car elle renvoie à l’homme, à son vécu et à ses aspirations. Elle remet le citoyen au centre du débat et se situe au croisement des demandes actuelles de la population : qualité de la vie quotidienne, proximité, convivialité et démocratie participative. Elle oblige à œuvrer collectivement en dépassant les barrières professionnelles, admi- nistratives ou géographiques. En mettant en place les conditions d’un débat public on peut espérer retrouver la maîtrise de nos temps de vie, échapper à la dictature de l’urgence, lutter contre les nou- velles inégalités sans renvoyer l’arbitrage sur les plus faibles. L’occasion est belle de reconquérir des marges de manœuvre et de reprendre en main notre futur autour de choix tels que la qualité de la vie et le développement durable. En géographe, urbaniste, aménageur et futurs “temporalistes”, il serait bon de contredire Jules Lagneau et d’apprendre ensemble à “habiter le temps” selon la belle expression de feu Jean-Marie Tjibaou. 

Luc Gwiazdzinski , Géographe: Nous sommes encore dans une démocratie du sommeil,...

Luc Gwiazdzinski , Géographe: Nous sommes encore dans une démocratie du sommeil,...: SAMEDI 02 MARS 2013, le courrier de Genève Entretien avec Luc Gwiazdzinski VIE NOCTURNE • Sous le coup de l’augmentation des ...

Nous sommes encore dans une démocratie du sommeil, entretien avec Luc Gwiazdzinski, Le Courrier de Genève


SAMEDI 02 MARS 2013, le courrier de Genève


Entretien avec Luc Gwiazdzinski
VIE NOCTURNE • Sous le coup de l’augmentation des plaintes, 28 bars genevois sont menacés de fermer à minuit. Depuis quand la nuit est-elle devenue synonyme de nuisances en Europe et quelles solutions mettre en œuvre pour appréhender ce nouveau phénomène de société? Entretien avec le géographe Luc Gwiazdzinski.
http://www.lecourrier.ch/pauline_cancela

En lien avec cet article: Le sort des vingt-huit établissements nocturnes genevois menacés par le Service du commerce de fermer à minuit devrait être scellé en début de semaine prochaine. En attendant, la contestation fait rage sur la toile, tandis qu’une manifestation a lieu ce soir entre 22h et minuit sur la plaine de Plainpalais. Genève, comme le reste de l’Europe, fait face au défi de la nuit, entre la nécessité d’offrir une vie nocturne diversifiée et l’impondérable droit au sommeil de ses habitants.
Depuis quand la nuit est-elle devenue synonyme de nuisances et quelles solutions mettre en œuvre pour appréhender ce nouveau phénomène de société? Entretien avec Luc Gwiazdzinski, géographe associé à l’université de Grenoble, dont le nom signifie en polonais «celui qui vient des étoiles». A l’heure de la «ville polychronique», ce chercheur a plus d’un tour dans son sac.

Pourquoi la question des nuisances liées à la vie nocturne a-t-elle pris tant d’ampleur en Europe?

Luc Gwiazdzinski: Nous sommes entrés dans l’ère de la ville polychronique, ou de la cité à mille temps. Et les nuits urbaines des grandes métropoles – au sens de l’arrêt des activités – sont devenues de plus en plus courtes. Le temps des cloches de l’église ou de la sirène de l’usine qui rythmaient nos vies a laissé place au temps pivot du téléphone portable et d’internet.

Comment s’est orchestrée cette évolution?
Par l’économie, qui grignote la nuit comme elle grignote nos autres temps de pause: repas, sieste ou dimanche. Après le temps de la ville de garde puis du by night, la colonisation de la nuit par les activités du jour, a démarré dans les années 1980.

La marchandisation de la nuit a ensuite pris de l’ampleur au début des années 2000...
Oui, lorsque l’activité nocturne est devenue un argument de marketing territorial. En Grande-Bretagne, le concept de Night-time Economy a même été pensé comme outil de renouvellement urbain.
Ce front progresse et devrait nous interroger sur l’émergence et les conséquences d’une société en continu. En Europe, 18% des actifs travaillent la nuit, c’est énorme, et nous dormons en moyenne une heure de moins que nos parents sous l’effet des excitants, de la lumière et de la prolongation du flux médiatique, désormais continu.

Peut-on parler d’une démocratisation de la nuit?
Clairement. La tendance à rechercher l’excès a toujours existé et la nuit festive est par nature un temps de la transgression. Seulement, elle a longtemps été réservée à une élite et aux artistes, comme une sorte de territoire oublié avec des organisations et des lois propres.

Pourquoi les nuisances qu’elle génère semblent soudain susciter une montée de l’intolérance?
Les gens oublient toujours qu’ils ont été jeunes. On accepte de moins en moins le bruit à mesure que l’on avance en âge alors même que l’on s’est installé en centre-ville. C’est un problème qui a toujours existé, déjà au Moyen-Âge, du temps des charivaris d’étudiants.
Seulement aujourd’hui, les proportions ont changé. La population étudiante a crû. Les interdictions de fumer ont transformé les rues en établissements à ciel ouvert, avec, soit dit en passant, des conséquences intéressantes en termes de lien social.

Et l’augmentation de la consommation d’alcool chez les jeunes?
C’est aussi un facteur. Les consommations rapides d’alcools forts avec pour but d’accéder très vite à l’ivresse ont contribué à changer le paysage nocturne de nos villes. Incarcérés dans le présent, avec une difficulté à se projeter dans le futur, les jeunes plus que d’autres ont sans doute un besoin accru de jouissance immédiate et à la carte. Pour eux, la nuit est plus que jamais une soupape.

Pourquoi le politique a-t-il du mal à saisir l’importance de l’activité nocturne?
Le pouvoir s’intéresse d’abord à celui qui vote et dort sur place. Nous sommes encore dans une démocratie du sommeil qui ne prend pas en compte l’évolution de nos mobilités et de nos temps de vie. La nuit est longtemps restée un temps mort des politiques publiques. On a pensé nos villes comme si elles vivaient seize heures sur vingt-quatre, cinq jours sur sept et hors périodes de vacances.

Raison pour laquelle on a toujours privilégié des stratégies répressives...
Exactement. Le pouvoir a toujours cherché à contrôler la nuit, car c’est le territoire des complots. Mais les temps changent et les conflits qui émergent la nuit obligent les pouvoirs publics à s’intéresser aux nuits de nos villes, non dans une logique de contrôle et de sécurisation, mais comme un espace de projet qui puisse répondre aux besoins des habitants permanents, mais aussi aux attentes des touristes, des étudiants ou des investisseurs.
Les politiques de couvre-feu pour adolescents mises en place dans plusieurs centaines de villes aux Etats-Unis, et déclinées dans quelques cités françaises, ne semblent pas d’une grande efficacité. Les bagarres rituelles entre CRS et jeunes dans les quartiers périphériques de Strasbourg à la Saint-Sylvestre et lors de la sortie des bars de la fameuse «rue de la soif» à Rennes ont d’ailleurs montré les limites d’une logique d’affrontement.

Les prochaines étapes d’une vraie réflexion politique sur la nuit ?
Il y a une réflexion à mener sur la localisation de la vie nocturne. On a cru bon de concentrer les établissements festifs en des endroits définis. L’expérience montre qu’il faut éviter cette concentration extrême, car à côté des quelques spots particuliers et intenses, la nuit doit rester plurielle. C’est peut-être ce que nous apprennent les tensions actuelles sur des points précis où la mixité des usages et des populations n’existe pas. En Suisse, le Flon à Lausanne a clairement montré ses limites, après les grosses bagarres qui ont secoué la capitale vaudoise durant deux nuits de mai 2012.

Certaines villes européennes sont déjà en train de chercher des solutions alternatives. Une recette gagnante?
Il y a autant de façon de réagir qu’il y a de villes confrontées au problème de la nuit. Paris, comme Genève, a organisé des Etats généraux de la nuit. Il en est ressorti l’expérience des Pierrots de la nuit (lire ici) qui constitue une belle alternative à la répression. Plusieurs villes ont mis en place des correspondants de nuit. D’abord développés sur des quartiers périphériques pour faire face aux déserts sociaux que générait la nuit, ils sont déclinés dans les centres animés pour faire baisser la pression.

Des chartes de la vie nocturne ont fleuri dans l’Hexagone. Ont-elles prouvé leur efficacité?
L’intérêt de la démarche est d’assoir à une même table patrons d’établissements de nuit, consommateurs et habitants pour engager le dialogue. Cela contribue souvent à faire baisser les tensions. De nombreuses villes les déclinent désormais généralement à l’échelle de quartiers, comme à Lille, Grenoble ou Strasbourg.

Vous dites qu’on aurait beaucoup à apprendre du reste de l’Europe. De quels exemples en particulier?
Des villes d’Espagne qui ont connu la Movida (mouvement culturel créatif qui a touché l’ensemble de l’Espagne pendant la fin de la période de la transition démocratique espagnole, au début des années 1980, après la mort du général Franco, ndlr) et ses excès, des villes du nord de l’Europe. A Barcelone et dans les Asturies, des services comme les salles de sport municipales et les centres socioculturels ont été ouverts plus tard, pour lutter contre la délinquance juvénile. Dans les villes du nord, comme Helsinki, avec ses longues nuits, on a développé très tôt des services adaptés, en étalant l’offre culturelle, en développant un réseau de transports nocturne, en perfectionnant l’éclairage public, et même en construisant des crèches de nuit!

A Amsterdam, il existe carrément un maire de la nuit. Quelle évaluation en faites-vous?
Amsterdam montre qu’il est possible de prendre soin de la nuit. Le statut de maire permet de maintenir une attention particulière aux questions de nuit dans les politiques publiques, ce qui est encore rarement le cas ailleurs. C’est une façon d’anticiper les problèmes autour d’une plateforme ouverte

Selon vous, il faudrait réhabiliter la figure du veilleur de nuit dans les centres-villes. C’est-à-dire?
J’imagine une sorte de steward urbain nocturne soutenu par les commerçants pour maintenir la tranquillité. Le personnage du veilleur, avec sa cape et sa lanterne, est ancré dans le folklore de nos villes. Turkheim, en Alsace, maintient d’ailleurs cette tradition.
Dans les centres historiques, le costume et la posture du personnage contribueraient autant à l’animation qu’à la quiétude publique. On imagine également qu’un personnage capé et son fameux «dormez braves gens» aura un meilleur accueil que celui réservé aux forces de l’ordre ou aux sociétés de gardiennage.

Guerre de la nuit

Ce soir, divers groupements de jeunes invitent sur la plaine de Plainpalais à Genève à une grande manifestation contre la «fermeture des bars» de 22h à minuit. Minuit, c’est l’heure à laquelle une trentaine de bars, dont presque tous ceux de la rue toute proche de l’Ecole-de-Médecine, devront désormais fermer. Sans crier gare et court-circuitant la concertation qui avait ...

A Paris, des Pierrots de la nuit pour partager l’espace public

Les habitués de la vie nocturne parisienne ont eu chaud. Dans la seconde partie des années 2000, les plaintes contre le bruit se sont multipliées tout comme les fermetures administratives des établissements de nuit (cafés, bars, restaurants, discothèques). Depuis un an et demi, une solution originale est mise en œuvre. Désormais, les fêtards voient régulièrement arriver des duos d’artistes qui ...

«Genève a perdu ses exutoires»

Avancer la fermeture des bars pour endiguer les nuisances, une bonne solution d’après-vous?
Luc Gwiazdzinski: Outre les problèmes de survie des établissements concernés qui se sont adaptés aux horaires de plus en plus tardifs des usagers, les expériences montrent que la fermeture des bars jette des populations importantes dans la rue au même moment sans résoudre le problème. Pire, elles ont tendance à l’amplifier et à créer des points de cristallisation. L’étalement des horaires de fermeture pourrait être une solution plus à même de laisser s’épuiser la nuit et ses consommateurs.

Comment analysez-vous la polémique que cela a suscité à Genève?
Les tensions qui traversent les nuits genevoises sont révélatrices des mutations plus profondes de nos modes de vie à l’heure de la mondialisation. A Genève comme ailleurs, la nuit est longtemps restée une dimension oubliée de la ville qu’il faut désormais intégrer aux politiques publiques dans des politiques temporelles qui restent à construire.

Cette guerre des tranchées a-t-elle été exacerbée par une pénurie de lieux nocturnes?
Très certainement. Avec sa culture des squats, Genève avait sans doute l’habitude des exutoires qui permettaient en partie de concentrer la dynamique des noctambules, de masquer les conflits existant ailleurs. Avec quelques années de retard sur ses consœurs européennes, Genève est en voie de normalisation et a besoin de trouver de nouveaux types d’espaces libres pour canaliser les énergies

Comment?
Elle pourrait par exemple profiter des chantiers et lieux en friche ou en transition pour les intégrer dans une politique d’urbanisme temporaire. Plus globalement, il faut intégrer la nuit dans l’aménagement du territoire. Il manque des politiques de planification temporelle.
La question du coût de la nuit est aussi intéressante. Ne faudrait-il pas imaginer des activités nocturnes qui ne soient pas payantes? Avec un éclairage modulaire, l’ouverture prolongée d’espaces publics comme les parcs, etc.

La Ville de Genève a récemment décidé d’allonger les horaires de la police municipale pour mieux appréhender le tapage nocturne. Votre avis?
Cela va dans le sens de l’apaisement et d’une meilleure connaissance de la ville la nuit, à condition de construire une co-évaluation régulière des dispositifs avec l’ensemble des personnes concernées. Car il faut absolument passer d’une approche des «problèmes de la nuit», à celle d’une «politique de la nuit» et des temps urbains. Le droit à la ville devra immanquablement se doubler d’un droit à la nuit.

samedi 18 janvier 2014

La Città oltre la Cerchia / La ville au-delà du cercle

La Città oltre la Cerchia navigli
La ville au-delà du cercle 
di Luc Gwiazdzinski e Gianni Ravelli

Notte: dal latino «nox». Nuit, ni- ght, nacht, no- che, noite, nyx, nosti... Se mettessimo da parte l’etimologia corretta e ci lasciassimo trasportare dalla fantasia, ascoltando il suono della parola, potremmo immaginare che, in tante lingue del mondo, «notte» significhi «no otto», quasi a indicare una assenza di luce di otto ore: una negazione del giorno. Anche questo può farci capire quanto la notte viva in rapporto al giorno e come ne sia la continuazione, la conclusione, ma anche l’inizio, soprattutto nel nostro tempo: spesso si finisce di lavorare più tardi, più tardi si cena e più tardi si esce. Il giorno si prolunga nella notte, che ci rivela un universo sconosciuto e vitale: fatto di gente che non solo si diverte, ma lavora, si sposta, studia, offre servizi, salvaguarda la nostra sicurezza, svolge opera di volontariato. Per questo la recente traversata notturna di Milano che abbiamo compiuto con studenti e collaboratori dell’Università Joseph Fourier di Grenoble e del Politecnico di Milano ci ha fornito una serie di informazioni che possono essere utili alla amministrazione comunale.
Mezzi di trasporto pubblici poco frequenti e che terminano le loro corse troppo presto, illuminazione scarsa e disomogenea, mancanza di segna azione e nessuna valorizzazione dei luoghi culturali, assenza di negozi aperti: queste le maggiori carenze, secondo i cittadini. Eppure, Milano deve trovare la forza di aprirsi all’esterno; la notte ha molte cose da rivelare al giorno. Paradossalmente,
Milano è una citta più del l’orbi che dell’urbi: mentre è quasi sconosciuta a se stessa e ai suoi abitanti, ha in sé le caratteristiche per «espandersi» a livello internazionale. Anche se esiste un forte discrepan- za fra la sua immagine di capitale del design e della moda e la debolezze della sua politica urbana e dei suoi spazi pubblici.
L’Expo del 2015 è un’occasione irripetibile per far entrare lo straordinario nell’ordinario e l’eccezionale nel quotidiano; per lasciare in eredità qualcosa ad una città che ha dei doveri soprattutto nei confronti dei suoi abitanti. Un’occasione per cercare di mescolare visitatori e cittadini, di collegare centro e periferie in un dialogo che non si fermi ai loro confini. Insomma, Milano approfitti di Expo per trasformarsi in un vero luogo di scambi culturali e per ingrandirsi come città metropolitana, inglobando tutto quanto è culturalmente interessante.
Oggi, i turisti in arrivo vedono poco più del cen- tro storico di Milano, mentre la città al di fuori della cerchia dei Navigli sembra «orfana». La risoluzione dei problemi di cui si è scritto — mezzi pubblici fino a tarda ora, migliore illuminazione, segnalazioni dei luoghi culturali, apertura notturna di alcuni esercizi commerciali — è fondamentale per trasformare Milano in una vera metropoli europea del nostro tempo e, grazie ad Expo, la città diventi luogo di discussione, di incontro e di massimizzazione delle interazioni: un vero laboratorio di urbanità in gra- do di rivelare le ricchezze di Milano al mondo. Urbi et orbi, appunto.

mercredi 15 janvier 2014

La révolution de Paris. Sentier métropolitain ?


Lavessière Paul Hervé, 2013, La révolution de Paris. Sentier métropolitain, Editions Wildproject, vient de paraître
http://www.wildproject.org/revolutiondeparis

Préférez l'original datant de 2007

Gwiazdzinski L., Rabin G., 2007, Périphéries. Un voyage à pied autour de Paris, carnets de ville, L'Harmattan
http://www.decitre.fr/livres/peripheries-9782296031920.html
http://www.franceculture.fr/oeuvre-périphéries-un-voyage-à-pied-autour-de-paris-de-luc-gwiazdzinski-gilles-rabin.html